Flat tax 2026 : la hausse du PFU à 31,4 % et son impact sur votre épargne

Depuis janvier 2026, le prélèvement forfaitaire unique atteint 31,4 %. Une hausse ciblée : découvrez quels placements sont concernés, lesquels y échappent, et les arbitrages à envisager.

Philippe MoreauRédaction Assurance Sympa · Mis à jour le 30 juillet 2026 · 12 min de lecture
Flat tax 2026 : la hausse du PFU à 31,4 % et son impact sur votre épargne

Depuis le 1er janvier 2026, la « flat tax à 30 % » appartient au passé. Le prélèvement forfaitaire unique affiche désormais 31,4 % sur une large part des revenus du capital, conséquence d’une hausse de 1,4 point de CSG votée dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Derrière cette variation apparemment modeste se cache une réforme bien plus subtile qu’il n’y paraît : tous les placements ne sont pas logés à la même enseigne, plusieurs enveloppes échappent totalement à la hausse, et deux calendriers d’application coexistent. Voici ce que la flat tax 2026 change concrètement pour votre épargne, et les arbitrages qu’elle rend pertinents.

Mis à jour le 30 juillet 2026

Flat tax 2026 : la définition en une phrase

La flat tax, ou prélèvement forfaitaire unique (PFU), est un mode d’imposition à taux fixe des revenus du capital : intérêts, dividendes et plus-values mobilières. Depuis le 1er janvier 2026, son taux global atteint 31,4 %, contre 30 % auparavant. Elle s’applique par défaut, sauf option pour le barème progressif.

Instaurée en 2018, la flat tax avait un objectif de lisibilité : un taux unique, quel que soit votre niveau de revenus, pour ne plus décourager l’investissement en actions. Ce principe reste intact en 2026. Ce qui change, c’est le curseur — et surtout le fait que ce curseur ne bouge pas de la même façon pour tout le monde.

Documents fiscaux, calculatrice et billets en euros illustrant la flat tax 2026
Le PFU passe de 30 % à 31,4 % au 1er janvier 2026.

Comment se décompose le PFU à 31,4 %

Le taux de 31,4 % n’est pas un impôt unique mais l’addition de deux blocs distincts, dont un seul a bougé.

  • Impôt sur le revenu : 12,8 % — inchangé depuis 2018.
  • Prélèvements sociaux : 18,6 % — contre 17,2 % jusqu’en 2025.

Ces 18,6 % de prélèvements sociaux se répartissent eux-mêmes ainsi : la CSG à 10,6 % (contre 9,2 % auparavant), la CRDS à 0,5 % et le prélèvement de solidarité à 7,5 %. Autrement dit, l’intégralité de la hausse provient de la seule CSG. Le volet impôt sur le revenu de la flat tax, lui, n’a pas été touché.

Pourquoi la flat tax augmente en 2026

La hausse résulte de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Le relèvement de 1,4 point de la CSG sur les revenus du capital a été présenté comme une contribution au financement de la perte d’autonomie et du grand âge.

Point essentiel pour comprendre la suite : le législateur n’a pas relevé la CSG sur tous les revenus du patrimoine. Il s’agit d’une hausse ciblée. Plusieurs catégories de revenus conservent une CSG à 9,2 %, donc des prélèvements sociaux à 17,2 %. C’est ce qui explique qu’en 2026, deux taux cohabitent.

Quels revenus sont concernés par la hausse

Sont soumis à la CSG à 10,6 %, et donc au PFU à 31,4 % lorsque la flat tax s’applique :

  • les intérêts des livrets bancaires fiscalisés, comptes à terme et produits de placement à revenu fixe ;
  • les dividendes d’actions et distributions de parts sociales ;
  • les plus-values de cession de valeurs mobilières (actions, ETF, OPCVM détenus en compte-titres) ;
  • les gains issus d’un PEA lors des retraits ;
  • les produits de l’épargne salariale (PEE, plans d’épargne retraite collectifs) ;
  • les plus-values sur actifs numériques ;
  • les revenus de location meublée non professionnelle (LMNP).

Quels placements échappent à la hausse

À l’inverse, une série de revenus conserve une CSG à 9,2 %, soit des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % :

  • les gains d’assurance vie et de contrats de capitalisation ;
  • les intérêts du PEL et du CEL ;
  • le plan d’épargne populaire (PEP) ;
  • les revenus fonciers issus de la location nue ;
  • les plus-values immobilières.

C’est probablement l’information la plus importante de cette réforme pour un épargnant : l’assurance vie, placement préféré des Français, n’est pas concernée par la hausse. Si vous hésitiez entre plusieurs enveloppes, ce paramètre pèse désormais dans la balance — un sujet que nous détaillons dans notre comparatif Livret A ou assurance vie : où placer son épargne en 2026 ?.

Les placements totalement exonérés de prélèvements sociaux

Une troisième catégorie existe : les produits d’épargne réglementée entièrement exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ni la flat tax ni la hausse de CSG ne les concernent :

  • le Livret A ;
  • le LDDS (livret de développement durable et solidaire) ;
  • le LEP (livret d’épargne populaire), sous conditions de ressources ;
  • le Livret jeune ;
  • le plan d’épargne avenir climat (PEAC).

Ces enveloppes gardent tout leur intérêt pour la trésorerie de précaution, même si leur rendement reste modeste. Nous expliquons comment calibrer ce matelas dans notre guide sur l’épargne de précaution.

Graphique de croissance illustrant l'impact de la hausse de CSG sur les placements
La CSG sur les revenus du capital passe de 9,2 % à 10,6 %.

Deux dates d’application à ne pas confondre

C’est le point technique qui surprend le plus d’épargnants en 2026. La date d’entrée en vigueur dépend de la catégorie fiscale du revenu.

  • Pour les produits de placement — intérêts, dividendes, prélevés à la source — le nouveau taux s’applique aux revenus versés à compter du 1er janvier 2026.
  • Pour les revenus du patrimoine — plus-values mobilières, revenus LMNP, recouvrés par voie de rôle — le taux majoré s’applique aux revenus de 2025, déclarés en 2026, avec un recouvrement attendu à l’automne 2026.

Concrètement : si vous avez cédé un portefeuille d’actions en 2025 en pensant être taxé à 30 %, votre avis d’imposition 2026 pourra retenir 31,4 %. Ce décalage n’est pas une erreur de calcul, c’est la mécanique prévue par le texte. Anticipez-le dans votre trésorerie.

Tableau comparatif : l’impact réel sur vos placements

Placement / revenu Taux global 2025 Taux global 2026 Concerné par la hausse
Dividendes (PFU) 30 % 31,4 % Oui
Intérêts de livrets fiscalisés 30 % 31,4 % Oui
Plus-values sur compte-titres 30 % 31,4 % Oui
PEA de plus de 5 ans (retrait) 17,2 % 18,6 % Oui (prélèvements sociaux seuls)
Assurance vie de moins de 8 ans 30 % 30 % Non
Assurance vie de plus de 8 ans* 24,7 % 24,7 % Non
PEL / CEL 30 % 30 % Non
Revenus fonciers (location nue) 17,2 % + IR 17,2 % + IR Non
Livret A, LDDS, LEP 0 % 0 % Non (exonérés)

* Après application de l’abattement annuel et pour la fraction relevant du taux d’imposition réduit de 7,5 %.

Combien cela vous coûte vraiment : trois exemples chiffrés

Ramenée à des montants concrets, la hausse reste mesurée sur de petits encours, mais devient sensible sur un patrimoine constitué.

  • 1 000 € de dividendes : 300 € de prélèvements en 2025, 314 € en 2026. Soit 14 € de plus.
  • 10 000 € de plus-value sur un compte-titres : 3 000 € hier, 3 140 € aujourd’hui. Soit 140 € de plus.
  • 50 000 € de gains réalisés lors d’un arbitrage important : 15 000 € contre 15 700 €. Soit 700 € de plus.

Ces écarts, rapportés à un horizon d’investissement de quinze ou vingt ans et à des versements réguliers, justifient de reconsidérer le choix de l’enveloppe plutôt que celui du support.

Flat tax ou barème progressif : comment arbitrer en 2026

La flat tax s’applique par défaut, mais vous pouvez lui préférer le barème progressif de l’impôt sur le revenu. Cette option est globale : elle vaut pour l’ensemble de vos revenus de capitaux mobiliers de l’année, et se formule au moment de la déclaration.

Le barème redevient intéressant dans deux situations principales :

  • votre taux marginal d’imposition est de 0 % ou 11 % : la part « impôt sur le revenu » descend alors sous les 12,8 % du PFU ;
  • vous percevez des dividendes : le barème ouvre droit à un abattement de 40 % sur le montant brut, que la flat tax ne permet pas.

À l’inverse, dès la tranche à 30 %, le PFU reste presque toujours plus avantageux, même à 31,4 %. Faites le calcul chaque année : un changement de situation — départ à la retraite, année blanche, revenus exceptionnels — peut inverser la conclusion.

CSG déductible : le piège du +1,4 point

Voici un détail que beaucoup d’épargnants manquent. Lorsque vous optez pour le barème progressif, une fraction de la CSG est déductible de votre revenu global. Cette fraction déductible reste fixée à 6,8 % en 2026, alors que la CSG prélevée passe à 10,6 %.

Conséquence : le point et demi supplémentaire n’est pas déductible. L’avantage fiscal lié à l’option pour le barème ne progresse donc pas au même rythme que le prélèvement. Et rappelons-le, cette déductibilité disparaît totalement si vous restez au PFU : sous la flat tax, l’intégralité de la CSG est non déductible.

Façade d'une agence bancaire illustrant le choix des enveloppes d'épargne
Assurance vie et PEA sortent relativement gagnants de la réforme.

Assurance vie et PEA : les gagnants relatifs de la réforme

Puisque la hausse est ciblée, elle redessine mécaniquement la hiérarchie des enveloppes.

L’assurance vie sort renforcée. Ses gains restent soumis à 17,2 % de prélèvements sociaux. Après huit ans de détention, et après l’abattement annuel sur les produits, la fiscalité totale peut ressortir autour de 24,7 % pour la fraction relevant du taux réduit — contre 31,4 % pour un compte-titres. L’écart, déjà favorable, s’est creusé. Encore faut-il piloter correctement l’allocation du contrat : c’est tout l’enjeu de l’arbitrage entre fonds euros et unités de compte.

Le PEA encaisse la hausse, mais reste très compétitif. Au-delà de cinq ans, les gains échappent à l’impôt sur le revenu et ne supportent que les prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 %. Face aux 31,4 % du compte-titres ordinaire, l’avantage demeure considérable pour qui investit en actions européennes. Si vous débutez, notre guide pour investir en bourse quand on est débutant détaille le choix de l’enveloppe.

Cas particuliers : dispense d’acompte et épargne salariale

Sur les dividendes et les intérêts, un acompte d’impôt sur le revenu de 12,8 % est prélevé à la source l’année du versement. Vous pouvez en demander la dispense si votre revenu fiscal de référence de l’avant-dernière année est inférieur aux seuils en vigueur — appréciés séparément pour les dividendes et pour les intérêts, et plus élevés pour un couple soumis à imposition commune. La demande doit être adressée à votre établissement payeur avant le 30 novembre de l’année précédant le versement. Vérifiez les montants applicables à votre situation sur impots.gouv.fr, car ces seuils sont réévalués.

Attention également à l’épargne salariale : les produits d’un PEE ou d’un plan d’épargne retraite collectif entrent dans le champ de la hausse. Cela ne remet pas en cause l’intérêt de ces dispositifs, largement porté par l’abondement de l’employeur et l’exonération d’impôt sur le revenu à la sortie, mais le rendement net se tasse légèrement. Le plan d’épargne retraite individuel obéit, lui, à des règles propres à la sortie.

Cinq pièges à éviter en 2026

  • Croire que tout passe à 31,4 %. L’assurance vie, le PEL, les revenus fonciers et les plus-values immobilières restent à 17,2 %.
  • Oublier la rétroactivité sur les revenus 2025. Une plus-value mobilière réalisée en 2025 peut être taxée au nouveau taux.
  • Opter pour le barème sans simuler. L’option est globale et engage tous vos revenus mobiliers de l’année.
  • Surestimer la CSG déductible. Elle reste plafonnée à 6,8 %, et seulement au barème.
  • Arbitrer dans l’urgence. Solder un contrat pour 1,4 point de fiscalité coûte souvent plus cher en antériorité fiscale perdue qu’en impôt économisé.

La flat tax 2026 expliquée en vidéo

Pour visualiser la mécanique du nouveau taux et son effet sur les différentes enveloppes, cette vidéo en propose une synthèse claire.

Questions fréquentes sur la flat tax 2026

Quel est le taux exact de la flat tax en 2026 ?

Le prélèvement forfaitaire unique s’établit à 31,4 %, composé de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG 10,6 %, CRDS 0,5 %, prélèvement de solidarité 7,5 %).

L’assurance vie est-elle concernée par la hausse ?

Non. Les gains d’assurance vie et de contrats de capitalisation conservent une CSG à 9,2 %, soit 17,2 % de prélèvements sociaux. La fiscalité de l’assurance vie est donc inchangée en 2026.

Le PEA subit-il la hausse de CSG ?

Oui, sur le volet social. Les gains retirés d’un PEA supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux au lieu de 17,2 %. Après cinq ans, ils restent exonérés d’impôt sur le revenu.

Mes plus-values de 2025 sont-elles taxées à 30 % ou à 31,4 % ?

Les plus-values mobilières relèvent des revenus du patrimoine : le taux majoré s’applique aux revenus de 2025 déclarés en 2026. Elles peuvent donc supporter 31,4 %.

Faut-il choisir le barème progressif plutôt que la flat tax ?

Le barème est généralement plus favorable si votre taux marginal d’imposition est de 0 % ou 11 %, ou si vous percevez des dividendes ouvrant droit à l’abattement de 40 %. Au-delà, le PFU reste avantageux. Une simulation annuelle s’impose.

Le Livret A est-il touché par la flat tax ?

Non. Le Livret A, le LDDS, le LEP et le Livret jeune sont exonérés d’impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux. Ni la flat tax ni la hausse de CSG ne s’y appliquent.

La hausse de CSG est-elle définitive ?

Elle est inscrite dans la loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. Comme toute disposition fiscale, elle peut être modifiée par une loi de finances ultérieure, mais aucune suppression n’est programmée à ce jour.

Ce qu’il faut retenir

La flat tax 2026 à 31,4 % ne bouleverse pas l’architecture de la fiscalité de l’épargne : elle en accentue les lignes de force. Les enveloppes capitalisantes et de long terme — assurance vie, PEA, épargne réglementée — sortent relativement gagnantes, tandis que la détention directe de titres sur compte-titres devient un peu plus coûteuse. Avant tout arbitrage, vérifiez la catégorie fiscale exacte de vos revenus, simulez l’option pour le barème, et n’oubliez pas que l’antériorité fiscale d’un contrat vaut souvent davantage que 1,4 point de prélèvement. Pour les règles officielles, référez-vous à la fiche Prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine du service public.

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Pour une décision engageant votre patrimoine, rapprochez-vous d’un professionnel agréé.


Philippe Moreau
Rédaction Assurance Sympa

Philippe Moreau signe les guides épargne, banque et assurance vie d'Assurance Sympa. Il rend accessibles la fiscalité, les placements et la transmission de patrimoine, sources officielles à l'appui.

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